D'écoute et de silence

Et si tu m'écoutais vraiment quand je te le demande
Donnerais-tu ainsi des conseils en tous genres ?
Si vraiment tu faisais ce que je te demande

Si tu écoutais vraiment comme je te le demande
Sans juger de ton haut mes moindres ressentirs
A bafouer mes mots à fouler mon désir
Si tu entendais vraiment comme il faudrait entendre.

Si tu entendais vraiment ce qu’il faudrait entendre
Et le bât qui me blesse et tout ce qui me hante
Sans tenter de résoudre à la manière des mantes
Et de me mettre en manque de ce que je demande.

Si tu savais vraiment comment il faut entendre
Sans gestes et sans parole, sans verbe ni harangue
Sans me donner de but vers lequel je dois tendre
A prédire mon destin, à jouer les Cassandre
Tel un oiseau devin qu'on paie pour qu'il nous mente
Qui nous dit la fortune sur les marches du temple

Si tu me laissais faire ou me laissais entendre
Sans que tu ne commandes, commandes et recommandes.
Si tu me donnais foi, la foi pour entreprendre
Et retrouver en moi Ia force ivre et puissante
En forçant mon courage, mes démarches hésitantes
Le feu de ma valeur n'aurait plus à attendre.

Quand tu m'invites à faire et tu fais sans attendre,
Sans que je le demande, sans que je ne quémande
Tu ajoutes à mes peurs et à mes épouvantes
Tu brises au plus profond à quoi je peux prétendre
Et mon adéquation s'étiole de mort lente.

Mais lorsque tu acceptes que je vive et ressente
Même de déraison, entend qui veut entendre...
Mais lorsque tu écoutes en chaleureux, en tendre
Sans mêler tes passions, ni même condescendre…
Quand j'ai pas à lutter, quand j'ai pas à défendre
Mon fond d'humanité que j'ai peine à comprendre
Alors je vais muter, en clairvoyant m’apprendre.
Tout va se clarifier en réponses évidentes
Sans conseils éclairés d'expériences patentes.

L'irrationalité devient intelligente
A qui veut l'écouter, à qui de bonne entente
Se laissera porter de grâce bienveillante.

Le sens était caché, il entre en résonance
Et les mondes voilés entrent en luminescence.
Et les mondes égarés retrouvent pertinence.

Toi qui m’écoutes parler comme je te le demande
Si jamais d’aventure, de suite et sans attendre
Tu éprouves le besoin qu’un autre humain t’entende
Attend juste un instant, je vais m’y préparer
Attend juste un instant, je saurais t’écouter


D’un silence éclairé


Ainsi vont les prières, et Dieu reste muet.
A qui sait écouter, il fait se retrouver
L’harmonie essentielle du divin incarné.



Traduction libre d'un vieux poême TOLGAND